LA RELATION A L’AUTRE 2

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Chapitre V 2) L’enfant et l’éducation sexuelle

L’éducation sexuelle d’un enfant se réalise à partir de considérations et d’ exemples de multiples supports et de situations qui peuvent être utilisés dès que l’enfant est en âge de marcher (stade anal). L’enfant a de multiples activités au travers desquelles il appréhende la réalité d’une manière qui lui est propre. Parmi ses occupations il en est une définie comme la recherche du plaisir érotique sensuel. A chaque étape de sa vie jusqu’ à sa mort, l’être humain ne pense rien, n’ éprouve rien, ne fait rien qui ne provienne pas de la recherche du plaisir. Or l’un des aspects de l’image que l’enfant a de son corps est « l‘image érogène », qui soutient le corps engagé dans la recherche de son complément : « Il n’est pas de vie saine sans vie sexuelle saine, et inversement, il n’ y a pas de vie sexuelle saine chez un individu malade ou névrosé ». C’est cette « vie sexuelle saine » qui permet au sujet de ne pas être enfermé dans son corps et donc de pouvoir rencontrer l’autre par le corps (1). Cependant l’ activité érotique physiologique n’est qu’un aspect de la vie sexuelle. Le deuxième volet est le comportement affectif vis à vis de l’objet « d’ aimance », qui lorsqu’il est absent donne lieu à des fantasmes où cet objet d’ aimance intervient. De l’étude de ces fantasmes peut être évalué l’âge affectif de l’individu et le comment de sa sexualité. Mais quel que soit le niveau de cette activité sexuelle, il s’ y meut une lame de fond affective grâce à des sentiments qui correspondent à un objectif conscient ou inconscient de cette activité  : «  Et le but de toute éducation (…), est l’utilisation de la libido de l’individu de manière à ce qu’il se sente heureux et que ce bien-être subjectif s’accorde avec celui des autres, et même le favorise au lieu de l’entraver (… ) c’est l’énergie libidinale, dérivée de ses buts sexuels, qui anime toutes les activités de l’individu » (2).  Éduquer un enfant à la sexualité c’est essayer de créer des situations favorables qui mettent en jeu l’image qu’il a de son corps parmi les corps des autres. Si le schéma corporel est réel, physio-biologique de l’expérience immédiate « en quelque sorte notre vivre charnel au contact du monde physique » (3), le corps de l’image du corps est lui – un pur canal relationnel -. Cependant schéma corporel et image du corps se rejoignent dans cet univers du narcissisme indispensable à la survie (le narcissisme fondamental décrit par F. Dolto) et où le désir de vivre souffle dans les voiles des fonctions végétatives et psycho-physiologiques. L’une des caractéristiques de l’image du corps est dite  dynamique  en ce qu’elle se parle en termes de projet , en termes de désir d’être et de persévérer . A la différence des trois autres caractéristiques de l’image du corps (Image de base – Image fonctionnelle – Image érogène), l’image dynamique (qui noue les trois autres), n’a pas de représentation propre. Elle est tension d’ envie, tension de but, tension de volonté, tension d’aboutir, elle est comme un désir locomoteur qui va vers l’accomplissement de lui même (4). L’image dynamique du corps représente donc le corps en tant qu’il révèle et motorise («  m’autorise ») le désir. A chaque étape de sa vie jusqu’ à sa mort, l’être humain ne pense rien, n’éprouve rien, ne fait rien qui ne provienne pas de la tension de sont intention : le désir. Les seuls moments de repos, de répits, lors desquels on peut parler d’ un particulier « repos du guerrier » ou d’une bienfaisante « pulsion de mort », sont les moments de suspension du désir en quête de sa satisfaction. Le moteur du désir de l’être humain doit régulièrement être éteint : « ça fait du bien quand ça s’arrête », « souffler », « déconnecter », « débrancher » (5). Une autre manière de le dire : la « pulsion de mort » est source de rééquilibrage de tout le métabolisme de l’être humain car c’est dans le sommeil profond ou dans l’orgasme que cette absence à soi-même, régénère notre santé de la cause aux effets (6). Pour corroborer cette fonction de ressource fondamentale de la vie grâce aux pulsions de mort, cette idée de Freud – nous présente la naissance comme un trop radical changement d’état, qui ne se supporte tout au long de la vie que parce que l’on peut, très régulièrement, quitter ce monde pour retourner dans le sommeil et y retrouver notre état d’isolement impassible – et donc confirme ce qu’énonce F. Dolto (7). Les appuis théoriques sélectionnés ici pour soutenir notre conception de l’éducation sexuelle de l’enfant, sont destinés à mettre en évidence l’importance de l’épanouissement sexuel par la relation d’amour dans le bonheur de l’adulte. Dépourvu d’une sexualité régulièrement épanouie par des orgasmes en communion avec l’autre (de préférence), ainsi que des nuits d’un sommeil profond (tant mieux s’ il a lieu dans les bras de cet autre amoureux), l’adulte a malheureusement peu de chances d’être heureux (pour le moins « bien dans sa peau »). Il semble évident que leur entente conjugale intime est très importante au moment où les deux parents qu’ils sont devenus, doivent éduquer sexuellement leur enfant (et ne pas attendre que ce soit fait sauvagement à l’école ou par la nurse…).

EXEMPLES

L’enfant de trois à sept ans. Dès qu’il a acquis la fonction de motricité anale et de locomotion, l’éducation sexuelle de l’enfant peut à mon sens commencer sous différentes formes. Tout est valable au hasard des rencontres que nous faisons quand nous sommes accompagnés de notre petit(e). Le spectacle de la vie est immense. D’où la nécessité d’enrichir son quotidien de multiples et variés stimuli et de l’emmener le plus souvent possible avec nous. Afin que notre programmation ne soit pas identifiée par l’enfant comme quelque chose d’exceptionnel, nous éduquons l’enfant à sa sexualité « dans la foulée » à différents moments des journées et de la vie comme le moment de manger, d’aller au pot ou aux toilettes, de courir, de jouer et donc d’ aller faire des courses et/ou se promener.

Les stimuli jouets

Au moment du choix de l’enfant, de l’achat ou du cadeau, du prêt d’un autre enfant, du jeu avec ce jouet et pas un autre, est déjà important notre simple commentaire, sans ostentation : « c’est un garçon ou c’est une c’ est une fille ? ». Un commentaire assorti d’ une énumération des différences de vêtements, de chapeau, de culottes, de chaussures, est en soi éducatif, « ah oui c’est une fille » (prendre toujours un air de celui qui découvre et comprend après découverte). Avec tout ce que l’on a la chance de trouver sur le marché du jouet, c’ est déjà une corde à l’arc de l’identification « comme papa » ou « comme maman » et ce, sans avoir peur de montrer du doigt les lieux de différences particuliers, entre les jambes, sous la jupe de la poupée et dans le pantalon du poupon par exemple.

Les stimuli animaux

Pour un enfant de trois ans une image vaut mieux que dix mille mots et il y a pléthore de bandes dessinées quant à la sexualité. Vers quatre cinq ans la démarche est la même mais un peu plus verbalisée:  « Oh regarde ce chien, on ne sait pas si c’est un chien ou une chienne avec le nom qu’il a, le pauvre . Regarde si tu arrives à voir s’il a un zizi ou pas… » (Bon, si l’enfant trouve lui même un sobriquet autre que « zizi » c’est aussi bien). Pour commencer à instiller l’idée qu’il y a les garçons et/ou les filles, « sinon on n’existe pas et en plus on ne peut pas faire de bébé » et « ça marche pour les oiseaux, pour les chats, les chevaux…, pour tous les êtres qui vivent », il me semble jouable d’utiliser l’environnement sous toutes ses formes naturelles et culturelles.

Les stimuli audiovisuels : le grand écran télévision.

« C’est la nature, c’est la vie, c’est comme ça que ça marche, regarde comme ils sont beaux…. ». Les émissions de vétérinaires, de parcs nationaux d’animaux, de safari, de Nature, sont de telle qualité de couleurs, de commentaires et de musique (sauf si ils sont violents dans la description des situations inhérentes à la chaîne alimentaire), qu’il est souhaitable de les utiliser comme des moments privilégiés pour regarder ensemble et commenter. Le monde animal nous donne diverses opportunités d’introduire des différences subtiles dans nos explications à l’enfant, comme « le poussin par exemple qui passe par l’œuf pour sortir du ventre de la poule alors que pour nous ce n’est pas la peine, on sort directement ». Par ailleurs, ne jamais louper l’occasion de montrer une maman enceinte à l’enfant en lui mentionnant que le bébé, avant de venir au monde, s’y prépare pendant presque le temps d’un anniversaire. Quand l’enfant rentre de l’école avant qu’il fasse les devoirs, c’est un goûter éducatif et récréatif (il me semble) que de l’éduquer sexuellement incidemment, devant des films animaliers. Par ailleurs les visites au zoo sont aussi remarquables d’éducation sexuelle de l’enfant.

Les stimuli des musées

C’est un bonheur de surprises pour l’enfant en bas âge (et pour les parents si ils ont une poussette !) devant les pharaoniques lieux, les géantes statues sculptées dans le détail et les immenses tableaux spectaculaires qui me semblent d’un secours pédagogique extraordinaire. On ne peut pas ne pas voir ni éviter d’en parler « tellement c’est beau l’art » ! C’est la même facilité devant les statues des jardins et sur les places en ville.

Les stimuli à la plage

Mais c’est encore à la plage que revient le pompon car il y a des petites filles et des petits garçons, des papas, des mamans très peu vêtus. Les explications deviennent alors obsolètes sauf quelques compliments pour mettre en route l’identification à tous âges : «  oh quel beau maillot ce papa et cette maman aussi quel beau maillot-d’en-haut ! ». Il faut seulement ne pas rater les bonnes occasions d’éduquer grâce à diverses images se rapportant à l’image du corps, de protagonistes triés sur le volet. Quand on en arrive à la question cruciale : « comment on fait les bébés » ? Selon l’âge, dire simple et imagé : «  les papas ont une clé et les mamans ont une serrure. Papa met la clé dans la serrure de maman et ça ouvre la porte au bébé. Pourvu qu’il y ait un garçon-papa et une fille-maman, – un zizi et une zizette -, alors un bébé arrive dans le ventre de la maman ». Concevoir l’éducation sexuelle de l’enfant relève de la méthode empirique (essais et erreurs) plus que de recettes théoriques faites de bonnes

intentions. Le bon sens et la simplicité des parents, se manifestant presque comme un réflexe de phrases nettes (comme des piqûres de rappel), selon la situation rencontrée ou aménagée, me semblent pragmatiques et plutôt sains. Mais c’est surtout leur propre niveau d’aisance sexuelle entre eux qui va faire la différence (7). On ne parle bien que de ce que l’on connaît et qui ne nous fait pas honte ! Il est bien dommage que certains hommes fassent à leurs maîtresses ce qu’ils devraient faire à leur épouse (pour peu qu’elles maintiennent un effort de séduction), épouses qu’ils ont malheureusement juchée sur le piédestal de la mère qu’ils ne touchent plus car « ils la respectent  ici » en lui manquant de respect  ailleurs . Il me semble déplorable d’avoir attendu d’être déniaisé (homme ou femme) à l’âge adulte (après l’âge de 20 ans), de plus par quelqu’un d’autre que son conjoint, donc en dehors du mariage. De l’éducation sexuelle en bas âge des petits garçons et des petites filles, dépend à mon sens plus tard, l’existence d’un socle de la joie de vivre et de la bonne santé du couple d’adultes qu’ils seront devenus (8). Depuis quelques années, à force de constater dans mon entourage et au sein du phénomène de société actuel, preuves à l’appui, que les orgasmes s’éprouvent en dehors du mariage, que les gens ne sont plus à leur place ni dans leur couple, (ni dans leur job d’ailleurs), je me demande s’il ne faut pas éduquer ou « ré-éduquer sexuellement », les couples durant au moins une année avant leur mariage, dès lors qu’il l’ont décidé, en consultations préventives avec un sexologue (9). De la même manière, un an avant de concevoir un enfant, la même expérience d’éveil parental, serait la bienvenue sur les trois castrations à donner à leurs enfants. Les avocats perdraient des clients au divorce d’un coté et les enfants gagneraient en santé générale et joie de vivre de l’autre (je pense). Loin de moi l’idée de donner des leçons ni d’affirmer quoique ce soit, cependant au Jour de l’An, depuis bien longtemps, je ne souhaite plus « Bonne Santé » à mes amies. Je leur souhaite beaucoup d’amour assorti d’une belle sexualité pour attraper le vrai bonheur source de bonne santé (10) et, chacune d’entre elles, après un bref instant de surprise me répond : « Mais tu as raison, c’est vrai ce que tu dis » . Il me semble que plus on est heureux en amour conjugal ce qui va à mon sens avec une réelle aisance sexuelle, moins on a d’occasion de somatiser nos mensonges à nous-mêmes (11) en nous racontant qu’on est libre alors qu’on est seul. Cela sans compter le bénéfice indispensable qui nous est offert par les deux merveilleuses sources de « pulsions de mort » décrites par F. Dolto , à savoir , le bénéfice de la récupération psychophysiologique libidinale face à l’usure du désir, et par le sommeil profond et par l’orgasme. Enfin force est d’admettre que les gens qui ont des insomnies ont des « soucis narcissiques » (F. Dolto) qui parasitent leur sommeil profond et alors dans ces cas là, que nous reste-t-il comme solution pour une récupération réellement réparatrice ? A moins de partir faire un footing en pleine nuit ou faire du vélo d’appartement pour nous épuiser physiquement en proportion de notre épuisement nerveux inhérent à l’usure du désir (je n’y crois pas), il nous reste alors la deuxième solution : l’orgasme (et j’y crois).

Particularité de l’éducation sexuelle de la fillette 

Dans notre conception de l’éducation sexuelle d’un enfant nous ne pouvons éviter d’envisager quelque particularité quant à l’éducation sexuelle de la fillette. Son narcissisme porte déjà dans la vie intra-utérine, le poinçon d’une orientation différente de son sexe. Sa libido spécifiquement féminine caractérise un narcissisme conforme au  génie de son sexe  (F. Dolto) qu’elle aura à réaliser face au discours, comportements et émotions du couple de parents et des autres. Les appuis théoriques ci-après énoncés pour celles et ceux qui veulent pousser plus loin leurs connaissances, n’ont de cesse de rappeler cette importance. Si l’existence du pénis sur le corps du petit garçon reste pour la fillette le problème majeur de son désir inconscient ce n’est peut-être qu’en tant que symbole (phallus). Il n’est pas certain qu’elle soit avide d’avoir un pénis en tant qu’organe sauf si tout l’entourage familial organise le discours (tacite ou pas) dans le sens d’un avantage d’en avoir un « pour de vrai » ! En 1960 F. Dolto a écrit un texte au cœur de ce débat, réfutant à l’absence du pénis-organe, la fonction organisatrice de la sexualité féminine.

La fillette n’a pas une organisation sexuelle par défaut d’avoir un pénis . Dès sa naissance la fillette est inscrite dans un narcissisme sexué au féminin bien avant qu’elle se rende compte de sa distinction. La nourrissone est dès la castration ombilicale  dans l’allant-devenant dans le génie de son sexe  grâce à des émotions diffuses et dispersées en son lieu génital et vaginal. Donc dès la naissance le nourrisson se trouve soit dans la position narcissique féminine soit masculine, position très influencée par l’entourage qui doit donner des réponses en cohérence avec le narcissisme fondamental fillette ou garçon. En ce sens, les différentes étapes de la libido féminine qui lui est propre, devraient amener la fillette à son narcissisme féminin être-femme. En conséquence, dès la naissance, le narcissisme primordial de la fillette s’organise déjà dans les paroles et les affects de ses parents qui doivent prendre conscience qu’en aucune manière la fillette ne doit être amenée par leur comportement, à vivre son absence de pénis comme une blessure narcissique ce qui perturberait son destin de femme. Cependant, il ne fait aucun doute que, dès la première seconde de la découverte du pénis par la fillette, c’est une confirmation de ce qu’elle savait déjà inconsciemment, un maintien dans une éthique narcissique féminine (12) assortie d’une déconvenue que les parents doivent vite compenser par une attitude qui confirme ce que voit la fillette et qui lui fait vivre une surprise pénible (13). Mais cette confirmation des parents doit seulement être une précision qui éclaire la fillette, sans connotation de rejet émotionnel venant de l’adulte qui représente toujours l’expert auprès de l’enfant. C’est dans cet esprit que notre conception de l’éducation sexuelle féminine va dans le sens d’un renforcement admiratif sincère de la part des parents, de l’identification de leur fillette à la femme :- par toutes les situations possibles, au hasard des activités, des rencontres et déplacements ou élaborées sans que cela paraisse,- et sous tous les angles possibles (décrits en début de texte). Quoiqu’il en soit, l’enfant comme l’adulte ne se réveillent jamais le matin comme ils étaient le matin du jour précédent. L’enfant se transforme, évolue beaucoup plus intensément chaque jour que l’ adulte. Comme pour la croissance osseuse par exemple. L’enfant grandit vite alors que la croissance de l’adulte ralentit de plus en plus. Cependant les modifications osseuses positives et/ou nocives continuent d’intervenir tout au long de la vie. Il en est de même pour le développement de sa libido dite infantile, que l’ on ne peut donc pas découper en étapes immuables (les trois stades de Freud), car elles sont soumises à des crises et rebondissements castrateurs certes mais qui vont conduire l’enfant vers l’humanisation du Sujet qu’il est, du désir d’être, désir de communiquer, de créer et d’aimer et qui se transforme heure après heure d’expérience de vie. L’enfant n’est jamais trop jeune pour comprendre ce que les parents bienveillants interdisent ou lui expliquent sur sa libido de petit garçon ou de petite fille qui se modifie sans cesse, et il n’est jamais trop tard pour bien faire quand on est adulte. Les mots vrais et les images simples sont indispensables à l’enfant qui n’est jamais le même à chaque échange et rencontre avec l’ autre quel qu’il soit. Le désir de l’enfant ne doit pas être forcément satisfait mais initié à devenir un petit d’homme ou femme Sujet, justement autonome de désirer en tant qu’ un être de langage en perpétuel changement. Ceci pour dire que l’éducation sexuelle d’un enfant peut peut-être commencer à trois ans mais continuer de se modifier bien au delà de « la grande enfance », de l’adolescence et à l’âge adulte, d’autant qu’il aura des chances lui même un jour d’être parent, et que par ailleurs, tout adulte a un enfant toujours vivant au fond de lui (14).

« (1) F. Dolto – L’image inconsciente du corps – Seuil – 1984 – p. 57

« (2) F. Dolto – Psychanalyse et pédiatrie – Rôle de la sexualité dans le développement de la personne » – 1976 – Seuil – p. 57/58

« (3) F. Dolto – L’image inconsciente du corps – Seuil – 1984 – p. 18

« (4) F. Dolto – L’image inconsciente du corps – Seuil – 1984 – p. 86

« (5) Quand nous avons épuisé nos forces de désirant, il faut bien que nous les retrouvions : c’est dans les pulsions de mort qu’elles se ressourcent parce que le sujet s’éclipse et qu’il n’a plus à assumer les tensions et les jeux du désir. Pendant ce retrait, les pulsions de mort perdurent. Il faut toujours demander : pulsions de mort de quoi ? Des désirs du sujet, médiatisés par le corps : de désirs qui émanent de lui vers autrui ou de ceux qu’il reçoit. ». F. Dolto – Séminaires de psychanalyse d’enfants – Tomme 2 – Collaboration J.F de Sauverzac – Seuil – 1985 – p. 157.

« (6) Je pense que la mort réelle, ce n’est pas du tout les pulsions de mort, c’est même tout le contraire. Les pulsions de mort sont un aspect du désir – lequel s’exprime par pulsions de mort et pulsions libidinales, actives et passives -, un désir qu’il n’y ait plus de sujet de son désir sexuel. C’est à dire que nous sommes soumis aux pulsions de mort autant qu’aux pulsions de vie. Les pulsions de vie prévalent pendant tout le temps de notre veille, et les pulsions de mort affleurent dans le sommeil profond. Elles affleurent également dans l’orgasme, à l’acmé du plaisir, là où le sujet s’abandonne et qu’il ne sait plus qu’il est sujet (…). Heureusement qu’elles existent, sans quoi nous nous épuiserions. Le désir nous épuise, mais nous récupérons grâce aux pulsions de mort. Le sujet du désir épuiserait l’être humain, si ce dernier ne se reposait pas sur son image de base, sur son narcissisme fondamental, en abandonnant la notion de son existence, et en tombant dans le sommeil profond qui limite sa participation à l’être, sans notion d’avoir, ni de pouvoir, à conquérir ou à défendre ». F. Dolto – Séminaires de psychanalyse d’enfants – Tomme 1 – Collaboration L. Cadalguès – Seuil – 1982 – p. 163.

« (7) C’est ainsi que la naissance représente le passage du narcissisme se suffisant à lui même à la perception d’un monde extérieur variable et à la découverte d’objets : il résulte de cette transition trop radicale que nous ne sommes pas capables de supporter pendant longtemps le nouvel état créé par la naissance, que nous nous en évadons périodiquement, pour retrouver dans le sommeil notre état antérieur d’impassibilité et d’isolement du monde extérieur ». S. Freud – Essais de psychanalyse – Payot – Paris – 1977 – p.159.

« (8) Ce que j’ai pu découvrir sur la sexualité infantile, au cours des analyses que j’ai effectuées ou contrôlées, pourrait se résumer comme suit : 1. Dans l’enfance de tous les patients, il y avait des angoisses, des troubles et des insécurités qui étaient d’ordre sexuel, même si ce n’étaient pas les seuls. Mais je ne comprend plus les difficultés sexuelles comme j’ai appris à le faire, c’est à dire comme des défenses vis-à-vis de ses propres désirs sexuels de l’enfance, mais, entre autres chose, comme les réactions aux désirs sexuels de l’adulte dont l’enfant a fait l’objet ». Alice Miller – L’essentiel d’Alice Miller – Notre corps ne ment jamais – Flammarion – 2011 – p. 451.

« (9) Lorsque l’adulte mène une vie sexuelle satisfaisante avec son partenaire adulte, il peut renoncer à satisfaire les désirs qui se manifestent en lui au contact de l’enfant sans devoir s’en défendre. En revanche, s’il se sent humilié dans sa relation avec son partenaire, s’il n’a pas le sentiment d’être pris au sérieux, si ses propres besoins n’ont jamais pu s’épanouir ni parvenir à maturité (…)il aura une très forte tendance à reporter ses besoins sexuels sur son enfant, à un age où celui-ci n’a pas la possibilité de maîtriser la situation ». Alice Miller – L’essentiel d’Alice Miller – 2. Y a-t -il une sexualité infantile ? Flammarion – 2011 – p. 453.

« (10) Si la femme est capable d’éprouver un amour fort, à la fois à l’égard de son mari et de ses enfants, on peut en déduire qu’elle a très probablement eu, dans son enfance, une bonne relation avec ses frères et sœurs, c’est à dire qu’elle a été capable de surmonter d’une façon satisfaisante ses premiers sentiments de haine et de vengeance à leur égard ». Mélanie Klein – L’ amour et la haine – Petite bibliothèque Payot – 1990 – p.91.(Dans le même livre : la deuxième conférence sur le même sujet de Joan Rivière).

« (11) Les émotions bannies se frayent un chemin et viennent assaillir le corps ». Alice Miller – L’ essentiel d’Alice Miller – 2. Y a-t -il une sexualité infantile ? Flammarion – 2011 – p. 928.

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« (12) Tout porte à croire que le nourrisson sain, du point de vue libidinal et organique, ressent son mode d’être-au-monde en parfaite résonance avec les affects de ses deux parents à la naissance, avec leur réaction émotionnelle à sa première différence, son sexe masculin ou féminin. On peut dire que le nourrisson fille, reconnue bonne, belle et plaisante, triomphe déjà d’un risque, si elle trouve une mère comblée par sa maternité, aimée par son conjoint, heureuse de retrouver dans son enfant les traits de son union avec celui-ci ». F. Dolto – Sexualité féminine – Scarabée/Métailié – 1960 – p. 54.

« (13) Cette découverte amène une déconvenue narcissique indiscutable chez la fille, ainsi que l’envie de posséder un pénis centrifuge comme les garçons ; cela accompagné de recherches, de fouilles investigatrices, seule ou aidée par les garçons, motivées par son inquiétude par rapport à ce manque apparent, manque qui les réunit dans la recherche de ce morceau pénien, peut être caché, peut être détaché ». F. Dolto – Sexualité féminine – Scarabée/Métailié – 1960 – p. 66.

« (14) Dans la vie, le but fondamental est de vivre, et de vivre le plus agréablement ; pour arriver à cela, chacun de nous essaie de venir à bout des forces destructrices qui sont en lui et de s’en débarrasser en les laissant éclater, en les dérivant et en les amalgamant afin de pouvoir obtenir dans la vie la plus grande sécurité possible – et le plaisir par surcroît. Des adaptations infiniment variées, subtiles et compliquées, nous permettent de réaliser cet objectif. L’issue, qui diffère selon chaque individu, est principalement la résultante de deux facteurs variables : la puissance des pulsions d’ amour et de haine ( les forces

émotionnelles en nous) et l’influence, tout au cours de la vie, de l’environnement sur chacun de nous, ces deux facteurs étant en interaction constante de la naissance à la mort ». Mélanie Klein L’ amour et la haine – Petite bibliothèque Payot – 1990 – p.10/11.(Dans le même livre : la deuxième conférence sur le même sujet de Joan Rivière).

LE BERCEAU DU POUVOIR SE BERCE A TROIS